De corps torturés en âmes à peine bariolées, le travail de Philippe Morel nous convie à la mélancolie et à l’introspection. Avant, aprés, l’art ne joue pas avec le temps et à peine avec les mots. L’artiste se livre peu, ébauchant un sourire, un soupir…Il rêve.

Il est né le 31 du mois de mars de 1948, à Isigny sur Mer.

Il dévisage le temps, l’estime et le secoue, le visage grave, il fixe un visage, peut être une expression. Attrapper ce qui s’échappe, esquiver le sablier, et s’y accrocher, et le retourner…Y a t’il rêve plius beau? Saisir ce qui n’existe plus et frapper la terre, la battre, la violenter, jusqu’à cette dose infinie de plaisir, jusqu’à cette folie indestructible de la création, et donner vie, et partir avec elle, et jouer avec les doigts, et le temps, et la nuit…

Modeler, fabriquer, accomplir, créer.

Philippe Morel dessinait sur ses copies au lycée.(en math surtout, et en histoire géo)

Il a fait les beaux arts de Caen de 1968 à 1971, il a passé la dernière année, enfermé dans sa cave, à travailler la glaise, après sa rencontre avec le feu chez Yves et Thomas à Reviers.

Se réveiller, l’écume bouillonnante à l’aube d’une idée, aux morsures du temps. Créer toujours, à vie, avant, après, telle est la destinée de l’artiste, saisir ce qui est invisible, comprendre ce que vous ne voyez pas, et vous l’offrir enfin…

Laisser une trace, une poussière de votre être, car vous êtes la terre, le sujet, l’image. il vous observe, il mitraille à la dérobée. Il est aussi le photographe, celui qui dévisage, il scrute, il contemple, il vous devine, endimanchée ou liquoreuse, il vous surprendra au tréfond de vous même, Madame, modèle ou contemplatrice.

Philippe Morel travaille la photo depuis l’âge de huit ans.

texte de Bérangère Morel