C’est l’art de la suggestion qui définit peut-être le mieux la peinture de Christian Halna du Fretay. On entre dans ses tableaux à pas de loup, avec le sentiment que derrière les aplats de couleur vont surgir d’autres lumières, d’autres émotions.

C’est un mélange de vibrations et d’apaisement , un aller-retour permanent entre le non-dit et le donné-à-voir , et l’absence de détails , loin d’être vécue comme un manque , fait rebondir nos sens aux quatre coins du tableau .

Les arbres sont plus que des arbres, l’herbe est plus que de l’herbe, les visages mélancoliques en disent plus long que ce qu’ils ont l’air de dire.

Ce serait aussi comme des traces de lumières qui glisseraient en plaques tectoniques, en un séisme lent, et qui prépareraient le terrain au dévoilement de bien des secrets. La profondeur naît de cette surface lisse en mouvement. On a envie de s’asseoir, là, sur cette chaise, et de sentir le vent caresser les couleurs tout autour de nous.

C’est un peu de vie qui passe, du quotidien à l’état brut, un matériau à remodeler au gré de nos humeurs.

C’est un éclat d’instant posé, qui paraît, qui vibre, et puis qui vole.

Jean-Christophe HERVE